Comme une envie de chialer...

Publié le par Parigi Mancino

Du haut de mes dix-huit ans, je croyais avoir été suffisamment endurci par la vie pour ne pas pleurer pour du football. Pour moi, le sport, le foot, le PSG, c'était avant tout un défouloir, potentiellement vecteur de joie, souvent synonyme de déception. Pour moi, Paris, c'était surtout chanter à tue-tête, pousser mon équipe pendant 90 minutes. Puis enfin, sortir du stade, la voix brisée, l'âme purgée.
Mais ce soir, j'ai pleuré. Quand Govou a marqué son but immonde sur un contrôle de la poitrine foireux de Keita. Lorsque Keita -encore lui- multipliait les violences, les injures... Lorsque l'OL a brandi cette Coupe de France, supporté par ses tifosi en carton et son identité creuse.
Car oui, aujourd'hui plus que jamais, Lyon a démontré qu'il ne boxait pas dans la même catégorie que le PSG. Car aujourd'hui, alors que Paris déchaîne les passions, les convoitises et les folies, l'Olympique Lyonnais est toujours aussi terne. Car aujourd'hui, alors que Pauleta, Alonzo, ou encore Chantôme harangaient leurs troupes et donnaient leur vie sur le terrain, Benzema, Govou ou Keita n'étaient qu'une poignée de mecs certes talentueux, mais dénués d'envie.
Ce soir, les gros plans de Fred Godart sur les tribunes nous ont prouvé à quel point le fossé était profond entre supporters lyonnais et parisiens. D'un côté, les gamins de neuf ans qui oublieront l'OL dès que les résultats ne seront plus au rendez-vous, les bimbos au sourire niais et aux neurones morts-nés, les bonnes petites familles bidochonnes aux corps ornés d'une profusion de produits dérivés proprets, allant à Gerland le samedi, à la messe le dimanche ; et votant Sarko avec fierté. De l'autre, des jeunes de tous les horizons sociaux -bien loin des clichés simplistes véhiculés par certaines franges de la Tribune Boulogne-, des prolos usés par le turbin et consumés par la clope, des intellos plus ou moins grisonnants, l'écharpe effilochée au cou, l'oeil vif et passionné. Bref, Paris.
Cette opposition était bien plus que l'affrontement sportif entre les deux plus grandes agglomérations de France. C'est une différence de manière d'être et de penser, c'est une différence de façon de vivre. Quiconque connaît un peu les deux cités peut voir transparaître au niveau footballistique tout ce qui oppose la capitale de la France à celle de la Gaule. Il serait prétentieux et erroné de vouloir généraliser ce constat, mais les grandes lignes sont aisément traçables. La richesse culturelle et sociale qui fait la beauté et la poésie de notre ville, la passion, les jalousies qui l'entourent, se retrouvent face à la flagrante médiocrité de la France de Jean-Pierre Pernault. Nous avons la passion, celle du poète raté, de l'illuminé sans étincelle, du troubadour sans talent, celle du vagabond à la recherche d'un idéal, et surtout de valeurs profondes, de raisons d'y croire, de s'y tenir, de les concrétiser. Bref, la caricature romanesque et romantique du Parigot.
Tandis qu'il y a dix ans, le stade de football de la deuxième ville de France résonnait désespéremment creux, le public du Parc a toujours été là, y compris dans les moments les plus difficiles. Et dans dix ans, quand l'OL sera retourné à la poussière, quand la bulle de marketing et de réussite économique vide de sens aura éclaté, quand le Stade de Gerland retrouvera son affluence calamiteuse, le Parc des Princes sera encore plein. Encore et toujours.
Car il y a bien mieux que la réussite. Il y a bien mieux que "la France qui gagne", la France des "winners", la France des entrepreneurs, celle des Sadran et des Aulas. Il y a surtout la France qui rêve, celle qui espère, celle qui reste fidèle à ses valeurs et à ses passions. Celle qui ne se limite pas aux résultats, mais celle qui prend du recul, qui réfléchit, et qui espère, encore et toujours. Celle qui a un passé, qui rêve du futur, mais qui ne comble pas son présent à grands coups de flonflons, de paillettes, de Nouvelles Stars et d'OL-Coiffure. Cette France là, elle existe au Vélodrôme ; elle existe au Parc des Princes ; elle existe dans bien d'autres stades, mais elle n'est que très minoritaire et clairsemée à Gerland. Aulas a bâti un club à son image, et il est logique que l'OL attire un certain type de supporters. Mais diantre, quel club sans âme que cet Olympique Lyonnais, quel homme sans coeur que ce Jean-Michel Aulas, et quelle fange immonde que ce Stade Gerland...

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Publié dans actu-psg

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B
T'inquiète mon pote. On va les plier grave. On a toute la vie devant nous pour ça. Eux n'ont qu'Aulas... c'est déjà pas mal mais ça ne saurait durer...
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