Dans la Peau d'un Nooligan (Séquence 2)
Vendredi midi, y avait rendez-vous au siège du parti. J'y étais jamais allé avant, mais ça m'a drôlement impressionné : partout sur les murs, il y avaient pleins de dessins de gens avec des zépées et des couronnes. Un peu comme celle qu'on gagne quand on trouve la fève de la galette des rois, mais pour de vrai.
Enfin bon, quoi qu'il en soit, le gars qu'a appelé ça le "siège du parti", eh bah y devait pas être très bon en maths... Paske moi, pendant le discours du patron, j'ai bien calculé : rien que dans la salle des conférences, y a 2387 sièges ! (et encore, j'ai pas compté les fauteuils...)
Enfin bon, en gros, le chef, il nous a plus ou moins refait son discours de la dernière fois. Je suis pas encore super fort en politique, mais j'ai l'impression qu'il devient gâteux. Sauf que cette fois ci, il a pas sorti sa Bible allemande, mais y nous a parlé d'un autre bouquin, "Le prolotocole des Sages de Sioux". Je savais pas trop de quoi ça parlait, mais je me doute que ça avait un rapport avec les Zindiens.
Il nous a longtemps parlé d'un certain Léon Boum, du complot Judo-Maçonnique et de trucs comme ça... A un moment, j'ai demandé à mon voisin pourquoi qu'y zétaient méchants, les maçons et David Douillet. Il m'a regardé bizarrement, la bave au bord des lèvres... Alors j'ai pas trop insisté.
Ensuite, Jean-Marie nous a parlé de Nicolas Sarkozy. En fait, qu'y paraît, ce gars-là, c'est trop un malin ! Il fait semblant de bien aimer les Français, mais en vrai, c'est un gauchiste. D'ailleurs, quand le boss a dit que c'était un "sale rouge", j'ai compris que j'avais raison à propos des sages de sioux ! Enfin bref, à un moment, le chef, il a dit que Sarko voulait nous piquer notre "électorat". Alors je me suis exclamé : "Ah ! C'est pour ça qu'il sourit jamais !" Plus personne a rien dit. Je crois que je les ai bluffé. Mais vu que mon voisin me regardait encore bizarrement, j'ai cru bon de me justifier : "Bah oui ! Electo-rat, souris..." Et alors là, ni une ni deux ni trois, le gars me colle une douzaine de gnons dans le thorax. On aurait dit Zidane en pire.
En tout cas, j'ai plus ouvert la bouche de l'après-midi. Sauf pour la marseillaise, à la fin... J'étais très fier, j'avais appris toutes les paroles. Bon, y avait quand même certains mots que j'avais pas compris (la patrille, la tyranille, l'étendard sans gland...), mais en tout cas, le coeur y était.