Dans la peau d'un Nooligan...
J'eus aimé reprendre contact avec vous sous de meilleurs hospices. Mais malheureusement, j'avais oublié l'absurdité de ce souhait : je supporte le Paris Saint-Germain.
Sur PlanètePSG, Arno P-E affirmait hier avoir arrêté de chanter pour la première fois de sa longue carrière de supporter.
Et comme je le comprends...
Jeudi soir, le PSG a été indigne, face à une équipe israëlienne ne possèdant guère que deux joueurs de qualité -à savoir ses avant-centres-.
Mais si le club de la capitale nous a une fois de plus démontré que, même au fond du trou, il était possible de creuser encore, c'est avant tout la petite ratonnade en famille de quelques dizaines de pseudo-supporters qui a constituée le fait de la soirée...
Un fait divers abominable, que bon nombre de tifosi parisiens ont, consciemment ou non, interprété de la plus grave des manières. Oui, "un ultra parisien est mort". Et moi, ça ne me bouleverse pas. Pire : je m'en contrefous.
Les courageux envoyés spéciaux d'Actu ont effectué quelques interviews sur place, plusieurs heures après les incidents. Voici la réaction, fort intéressante, d'Eude-Eustache Traplapouiche :
"Franchement, c'est pas très cool de tirer sans sommation. D'ailleurs, le méchant policier en civil aurait dû attendre de se faire transpercer le corps à l'arme blanche en relisant quelques alinéas du Code Pénal, avant de shooter les désormais martyrs du KOB. Et puis de toutes façons, aucun des 200 ultras n'était raciste. Ni antisémite. C'est vrai quoi ! On dit bien "sale Lyonnais", "sale Marseillais", "sale Castelroussin" ! Alors pourquoi pas "sale juif" ou "sale négro" ?
Et pis de toutes façons, ces gens-là, y sont pas comme nous. Nous, c'est nous qu'on est les mieux ! La race supérieure ! Les aryens ! Heil Hitler !
Et pis même si l'on s'appelle Mounir, on a le droit d'être aryen jusqu'à l'élection de Jean-Marie. Et que le complot judéo-maçonique ne nous ressorte pas le coup du FN qui râtisse large son électorat. Parce qu'à la dernière réunion des Jeunesses du Front, c'est le patron lui-même qui l'a dit. Il a sorti une Bible de sa poche (et en homme cultivé, il nous a expliqué qu'en allemand, la plus belle langue du monde, "La Bible" s'écrit "Mein Kampf"). Il en a conclu que les juifs et les zarabes, ils descendent tous d'un mec qui s'appelle Abracadabram, ou un truc comme ça, et qu'ils sont donc tous les mêmes. D'ailleurs, il nous a même raconté comment fallait faire pour les reconnaître, grâce à une technique qu'il avait apprise en 1943. Il paraît qu'il faut baisser leur pantalon... même si j'ai pas trop compris pourquoi. C'est un truc que lui a enseigné le Fürher (le patron aime bien donner des pseudonymes folkloriques. Par contre, j'ai pas osé lui dire qu'en vrai, ça se prononce "LA fureur"). Après, Jean-Marie, il nous a dit qu'en fait, le fils d'Abramacadam, Ismaël, eh ben en fait, c'était un faux arabe, qui était chargé d'espionner les nez crochus. D'ailleurs, il était tellement doué qu'il a réussi à convaincre Ben Bouillon -le gars qu'a créé l'Etat des youpins- de refiler son nom à son pays. Seulement, vu que c'était un aphalnabète, eh ben il a fait une faute d'orthographe ! Il a écrit Israël sur le papier officiel. Et maintenant, ils peuvent plus changer... Pfff ! Trop la honte.
Enfin, tout ça pour dire que le boss, il nous a expliqué que les zarabes, c'est des gens normaux quand ils sont d'accord avec nous, et des sales juifs quand y sont pas d'accord. Mais il y a une subtitilé : une fois que ce sera nous qu'on aura le pouvoir, ils deviendront tous juifs. Ca, j'ai pas trop compris pourquoi non plus. Je crois que le chef a dit qu'ils étaient programmés pour. A ce moment là, j'ai dit "programmés... Comme une cassette vidéo ?". Ca a dû les énerver, ils m'ont exclu de la réunion. Là non plus, j'ai pas trop compris pourquoi."