"Pour les enfangs"

Publié le par Parigi Mancino

Ce soir, j'ai regardé Intervilles. J'en ai honte, soyez-en sûrs. Pourtant, devant une affiche aussi alléchante que Paris - Marseille, il était difficile de résister. Tandis que l'émission de Guy Lux nous avait surtout habitué aux duels de clochers de type Agen - Mont-de-Marsan, cette innovation se devait d'être soulignée et observée avec attention. Ces Intervilles ont-ils donné lieu a de grandes joutes verbales dignes d'un PSG - OM au Parc des Princes ? Non. Le public n'était composé que de quelques poignées de bidochons armés de ballons de baudruche... Trop bon enfant donc, pour espèrer sentir un minimum d'intensité autour de cette confrontation.
Certes, il peut sembler futile de parler de football ou de divertissements beaufesques à l'heure où l'actualité francilienne est essentiellement marquée par les révoltes dans les centres de rétention ou les violences antisémites. Pourtant, j'éprouve tout de même le besoin de mentionner cet événement télévisuel a priori insignifiant, car le débat Paris-Province est aujourd'hui plus brûlant que jamais. Entre deux débats parlementaires sur la décentralisation, l'autonomie culturelle ou l'inscription des langues régionales dans le marbre de la Constitution, entre deux groupes "Facebook" vantant ou conspuant les particularismes locaux, le show animé par Tex et Julien Lepers met en lumière l'atomisation actuelle d'une société française bicentenaire et héritière du jacobinisme. Ainsi donc, ces Intervilles devaient mettre en exergue le fossé séparant la Capitale de la cité phocéenne. Et cela a plutôt bien fonctionné. Si la qualité des intervenants était plus ou moins similaire dans les deux camps (Candeloro, J-P Castaldi etc. côté parisien ; Cartouche, Olmeta -surtout- etc. côté marseillais), certains faits de jeu se sont révélés particulièrement intéressants.
Si nous étions paranoïaques, nous noterions que l'équipe parisienne était essentiellement constituée de personnes relativement âgées (Nelson Monfort, Jean-Pierre Castaldi) ou en surpoids (la comédienne Claire, Jean-Pierre Castaldi qui fait d'une pierre deux coups), ce qui demeure quelque peu gênant dans le cadre d'une compétition sportive. Mais nous mettrons plutôt l'accent sur ce pauvre Pascal Olmeta, qui a accrédité bien malgré lui le mythe de la mauvaise foi marseillaise.


Ainsi, après nous avoir fait le coup du héros au grand coeur en chantant mille fois les louanges de SON association et de SES enfants cancéreux à qui IL apporte tant de bonheur (le bougre a d'ailleurs tenté de faire dans le lyrique sans maîtriser le vocabulaire nécessaire pour y parvenir, ce qui a ostensiblement affaibli la puissance de son argumentaire), et après avoir finalement perdu face aux Parigots, le gusse a beuglé à la caméra que, si c'est pour en arriver à un tel résultat, il ne servait à rien de se "casser le cul" pendant toute la partie. Merci pour les gamins de son assoc', qui ont probablement très bien compris le message. Et malheureusement, la troupe marseillaise qui entourait Olmeta soutenait quasi-unanimement les doléances de son porte-étendard.
Mais nous n'irons pas plus loin sur ce blog : tant il est vrai que diffuser sur toutes les ondes une publicité selon laquelle "Le Parisien, il vaut mieux l'avoir en journal" ne pose aucun souci ; tant il est vrai que nous sommes tous des salopards en puissance et que chacun peut nous le rappeler à sa guise, il n'en est pas moins dangeureux de s'attaquer à un bonhomme comme Pascal Olmeta.
Lorsqu'une poignée d'abrutis s'attaquent aux Ch'tis, le Franchouillard moyen fait appel à sa compassion trop longtemps refoulée pour concentrer hypocritement tous ses propres défauts sur les quelques idiots susnommés, qu'il vilipende allègrement. Et lorsque l'on s'attaque à un Marseillais, même à un trafiquant de montre ayant frappé l'un de ses coéquipiers à l'OL, c'est cette fois-ci le bruit des cigales et l'odeur du Pastis qui égaient les sens de Monsieur Bidochon. Le déferlement médiatique caresse ensuite son public dans le sens du poil, et ce sont encore les méchants Parisiens qui paient les pots cassés.
Pascal Olmeta a donc illuminé cette édition d'Intervilles par son altruisme, sa classe et sa dignité dans la défaite. Chapeau, l'artiste !

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Publié dans actu-psg

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P
Mouais, enfin bon, les coups de seau, c'était des deux côtés et c'était pour la déconne. Le "à mort l'arbitre" aussi, et il a d'ailleurs fait son mea culpa un peu plus tard.Mais quand le mononeurone Olmeta se plaint de s'être "cassé le cul" pour rien (après avoir répété 8 000 fois que "ce qui compte, c'est les enfants"), c'était pour le moins sérieux...
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A
Et Castaldi a dignement représenté la capitale et son fairplay, avec ses coups de seau sur l'adversaire, et ses "à mort l'arbitre"...
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