Interview Alonzo
PSG.FR -. Jérôme, vous deviez débuter samedi à Strasbourg, le match a finalement été annulé, ce sera donc mercredi contre Auxerre, au Parc. Cela a-t-il changé quelque chose dans votre préparation ?
Jérôme Alonzo : « Cela ne change absolument rien, d’autant plus que si les choses n’avaient pas évolué au poste de gardien, ce match de Coupe de France, j’aurais dû le jouer. Il faut être prêt à ce genre d’impondérable lorsque l’on pratique un sport de plein air à cette période de l’année. »
PSG.FR -. Abordez-vous cette rencontre de Coupe comme un bon moyen de préparer la suivante en championnat, ou bien comme un match à part entier ?
Jérôme Alonzo : « C’est un match à lui tout seul. Une rencontre très importante pour le club. Je me prépare tous les jours à l’entraînement. Je ne peux pas entrer sur la pelouse mercredi contre Auxerre en me disant que je prépare Saint-Etienne. Ce sont deux matches très importants qui coïncident avec mon retour, voilà tout. »
PSG.FR -. Considérez-vous vivre un tournant de votre carrière ?
Jérôme Alonzo : « Oui, c’est effectivement encore un tournant. Comme il y en a déjà eu pas mal tout au long de ma carrière. J’ai connu une carrière heureuse, mais chaotique parce que j’ai toujours avancé avec mes idées. Une nouvelle possibilité s’offre à moi et j’imagine que ce ne sera pas la dernière car j’espère être là pendant encore quatre ans. Si ce n’est un tournant, c’est en tout cas une porte qui s’ouvre à moi. »
PSG.FR -. Avez-vous changé quelque chose dans votre préparation depuis que Guy Lacombe vous a annoncé votre prochaine titularisation ?
Jérôme Alonzo : « Absolument pas, de la même manière que lorsque je ne joue pas je me prépare comme si j’allais jouer. Je ne change absolument rien à ma vie de tous les jours ou à ma méthode d’entraînement. »
PSG.FR -. Quels ont été les mots de Guy Lacombe concernant votre titularisation ?
Jérôme Alonzo : « Des choses simples, pas de long discours. À vrai dire je ne m’attendais pas du tout à cette décision… si ce n’est qu’une doublure espère toujours avoir sa chance à un moment donné. Mais là, Lionel n’a jamais été déméritant, d’ailleurs ce n’est pas pour ça que je joue, le coach a été très clair sur ce point. »
PSG.FR -. Tes partenaires ont en effet mis en avant tes qualités de meneur d’hommes !
Jérôme Alonzo : « J’ai toujours été comme ça ! Même s’il convient d’utiliser avec parcimonie les mots leaders, chefs. Guide, ou grand frère, oui, peut-être. Ma nature veut que je me trouve plutôt devant que derrière. Mais je ne me suis pas levé un jour en me disant, tiens je vais devenir leader. C’est dans ma manière d’être de tous les jours. Maintenant, si en ce moment je peux apporter quelque chose au PSG, c’est en restant moi-même. Juste en restant moi. Il ne faut surtout pas que j’en fasse plus. Ce que les potes et le coach aiment c’est Jérôme, ce n’est pas de l’extra Jérôme. Ensuite, cela se passera comme ça doit se passer. »
PSG.FR -. On a également parlé d’aboyeur…
Jérôme Alonzo : « C’est marrant, je me suis fait chambrer par les potes le lendemain c’est tout. Robert Nouzaret avait également évoqué cela il y a quelques années. À l’époque, il me reprochait de ne pas l’être assez, peut-être aussi que j’adhérais moins à son discours qu’à celui du coach d’aujourd’hui. Aboyeur, c’est pouvoir dire merde à un moment donné et je t’aime dans la foulée. Ça ne veut pas dire faire la gueule ou se prendre la tête avec les gars. »
PSG.FR -. Entre gardiens, est-ce la même concurrence que pour des joueurs de champ ?
Jérôme Alonzo : « Si un jour je suis entraîneur, j’aurais un gardien numéro 1 et un numéro 2. Maintenant, si je pense que le numéro 2 peut m’apporter autre chose que le numéro 1 sur une période de X journées, alors pourquoi pas. Et cela se fait dans plusieurs clubs. Je pense qu’il faut une hiérarchie bien définie, car c’est une évidence de dire qu’il faut plus qu’à n’importe quel autre poste un maximum de confiance. »
PSG.FR -. Est-ce un avantage pour le PSG de compter deux très bons gardiens ?
Jérôme Alonzo : « J’allais le dire ! Je vais prêcher pour notre paroisse, mais je trouve que depuis six ans il n’y a pas l’équivalent en France au poste de gardien. Nous formons avec Lionel la meilleure doublette. Il n’y a pas mieux. On se complète parfaitement. »
PSG.FR -. Votre popularité a-t-elle joué en votre faveur ?
Jérôme Alonzo : « Les supporters aiment également beaucoup Lionel. Et puis, je ne suis pas maître de ma cote de sympathie. Je ne laisse pas indifférent voilà tout. On m’aime, ou on me déteste. Il se trouve que j’ai plutôt des atomes crochus avec la manière dont les supporters vivent le club. Pourquoi j’ai été apprécié à Marseille, Saint-Etienne et Paris ? Qui plus est, un parcours qu’il ne faut surtout pas faire ! Tout simplement parce que je pense être l’un des joueurs pour qui l’amour du maillot veut encore dire quelque chose aujourd’hui. Jamais je renierai Marseille, encore moi Saint-Etienne, et lorsque je partirai de Paris, si jamais un jour j’en pars, je n’oublierai jamais ce club. À chaque fois je donne tout pour les couleurs que je défends et quand je dis tout, c’est tout. C’est mettre la tête sur les poteaux, c’est prendre des coups de crampons, c’est pousser des gueulantes. Tout ce qui a fait que partout où je suis passé, j’ai été adopté, sans jamais tricher. Les gens aiment ceux qui les respectent et qui ne changent pas de club en cours de saison en s’empressant d’embrasser l’écusson de leurs nouvelles couleurs le match suivant. »
PSG.FR -. Si jamais votre aventure en championnat devait se poursuivre, Lionel Letizi jouerait-il la Coupe de France ?
Jérôme Alonzo : « Ce n’est pas à moi de décider, je préfère donc ne pas en parler. »
PSG.FR -. À quoi allez-vous penser mercredi en pénétrant sur la pelouse du Parc dans la peau du titulaire ?
Jérôme Alonzo : « Déjà, durant les heures qui vont précéder le match, je vais penser à la finale perdue il y a deux ans. Et ça va me suffire à me mettre dedans. Je ne dis pas ça parce que je suis revanchard ou quoi que ce soit. Je n’ai absolument rien contre les onze joueurs d’Auxerre qui seront alignés mercredi soir, mais il y a des choses dans une carrière que tu n’oublies pas. Mes deux plus grandes déceptions en football, c’est face à Auxerre et en Coupe de France. La première avec Marseille, lorsqu’on perd en demi-finale aux tirs au but et la seconde, c’est la finale perdue à la dernière minute avec le PSG. Alors avant le match, je me dirai que ce serait cool que je torde le cou au destin. Il y a une note à payer ! »
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